02 septembre 2007
Avant de commencer...
Ce n'est pas en se réveillant un matin que l'idée de partir en vélo vous vient à l'esprit sans crier gare... mais plutôt des petits indices que vous voyez, que vous entendez ou que vous ressentez qui vous mettent la puce à l'oreille. En tout cas, ce fut le cas pour moi. J'ai toujours pensé que le vélo c'est inesthétique et inconfortable lorsque l'on a pas des petites fesses bien musclées, c'est fatiguant et ça fait transpirer, on a l'air ridicule avec ces cuissards qui moule justement ce que l'on ne voudrait pas bref, ça sert à rien! Vous l'aurez compris: je ne fais JAMAIS de vélo et justement je déteste ça (ou du moins, c'est ce que je croyais). Peut-être parce que je suis plutôt paresseuse et que j'aime mon petit confort... Mais par une chance qui m'a beaucoup aidé dans la vie, j'ai aussi le goût pour l'aventure. J'aime les défis. Un jour de janvier pendant les fêtes, nous avons fait en famille une belle ballade à vélo en Charente-Maritime dans un paysage plutôt plat, et ça a été un petit déclic déjà car nous avons passé une merveilleuse journée... Ensuite, dans le courant de l'hiver je suis tombée sur une série de reportages (arte bien entendu!) sur le Danube, de sa source à son delta: 3000 kilomètres! Wow! De quoi me faire rêver... Puis, j'ai voulu aller passer des vacances en Pologne au printemps, et en réfléchissant à quel moyen de transport serait le plus adapté (voiture, avion...) une idée saugrenue m'est germée dans la tête: et si je faisais un voyage vers la Pologne en vélo en suivant le Danube??? Bon, je sais bien que le Danube ne se rend pas en Pologne mais ça ferait déjà un sacré bout de route!!! Et là, mon imagination s'est enflammée... Je me voyais déjà sur la route, roulant les cheveux au vent, filant comme une flèche à travers les plaines Teutonnes, les joues rosies par l'air pur et les yeux brillants comme les eaux du fleuve... Ah! Romantique Jess, tu ne changeras donc jamais? Mais non, et c'est tant mieux, car c'est cette flamme qui m'a toujours fait avancer, et qui j'espère me fera encore avancer longtemps! Oui mais là, en l'occurrence, elle va te faire pédaler, ta flamme. Balivernes! De toutes façons, c'est trop tard, ce n'est plus une flamme, c'est un brasier: je ne renoncerais à cette aventure pour rien au monde!
Lundi 23 Avril
Quatre heures du matin. C'est le grand jour. C'est Grand Paul qui nous conduis à Valence avec le camion (qui a été chargé de tous nos bagages la veille). Notre train est à 7h30, et après avoir pris notre dernier petit déjeuner dans un café, il nous aide à monter dans le train qui nous conduira à Lyon. Merci Grand Paul!
Nous croulons sous le poids et le volume de nos bagages: deux vélos, une remorque, un bébé, six sacs liddle... et nous n'avons que deux bras chacune! La journée va être rude... Les gens nous regardent ébahis, charger et décharger nos deux tonnes de bagages! Marie avec Emma sur une hanche et des gros sacs dans chaque main qui courre le long du quai, et moi au milieu de mes deux vélos à essayer de garder l'équilibre...
Dans le train, Emma est très sage. Elle se fait même une copine dans le train Lyon-Strasbourg: Lola, quatre ans. La journée cependant nous semble interminable, nous sommes toutes les trois épuisées, mais pas l'ombre d'une occasion de faire un somme. De plus, nous avons perdu notre sac de pic-nic avec le pain et les croissants achetés tout frais ce matin. Nous grignotons notre concombre et la maman de Lola a le malheur de sortir une tranche de jambon... à partir de ce moment là, Emma ne l'a plus lâchée... "a babon, a babon" (le jambon, le jambon...) Merci madame!
Nous passons la frontière sans nous en apercevoir. Nous nous rendons compte que nous sommes en Allemagne lorsque par les fenêtres du train, nous voyons que tout le monde se déplace à vélo, et également que les gares sont d'une propreté saisissante (pas un mégot sur les voies!!!)
Arrivés à Offenburg, nous ratons le train pour notre destination: Donaueschingen. Zut de zut de saperlipopette! Nous attendons une heure sur la quai, il fait beau et Emma fait des "Hoooooo" et des "Haaaaaa" à chaque train qui passe, ça occupe tout le monde!
Enfin, à 18h30 nous posons les pieds (et les roues...) sur le sol de la ville de Donaueschingen (littéralement, la source du Danube). J'aurai aimé aller voir la fontaine (LA source officielle) mais il se fait tard et nous devons encore trouver notre camping. Emma même avec la meilleure volonté du monde n'en peut plus. Nous chargeons nos bicyclettes et en route pour le camping qui ne devrait pas être loin!
Des gentils Allemands nous indiquent la route et au bout de cinq minutes la pépètte s'est endormie dans la remorque. C'est dur là de rouler alors qu'on est crevées et qu'on a pas l'habitude, en plus le soir s'approche et on a faim et on veut dormir... la route nous semble éternelle (six kilomètres), mais finalement nous arrivons à Riedsee Camping. C'est fermé, il est 19h30. Zut, on l'avait pas vue venir celle là. Nous sonnons, mais on nous répond qu'il est trop tard pour dormir ici, il faut que nous nous débrouillons autrement. Grand moment de solitude... J'insiste à peine prétextant que nous sommes avec un bébé, et la dame nous accueille alors avec beaucoup de chaleur, et même nous fait payer qu'une tente et deux personnes (15 euros en tout). Merci Emma, tu étais la clef pour rentrer dans ce camping ce soir!
Nous nous lavons (aaaaaaaaahhhhhh!!!!! que du bonheur), nous mangeons une vague soupe déshydratée et droit au plume... Emma chouine un peu sous la tente, mais dans les bras de maman, tout finit par s'arranger.
Il a fait chaud toute la journée, ce soir il fait très doux. Je me tais, bonne nuit... ronfl ronfl fonfl...
Mardi 24 Avril.
Nous nous levons à sept heures, réveillées par la lumière du jour. Toutes les trois, nous avons eu froid vers quatre heures du matin, bref normal lorsque l'on dort sous une tente au mois d'avril dans la campagne Allemande. Nous avons du mal à décoller, refaire les bagages nous prend beaucoup de temps, nous ne sommes pas au point... euh, dans quelle sacoche elles vont les pâtes, déjà? En plus il faut encore faire la vaisselle de la veille, se laver et déjeuner. Nous partons à dix heures. C'est beaucoup trop tard, il faudra faire plus d'efforts demain. Il fait chaud mais de gentils nuages nous protègent du soleil.
Nous roulons jusqu'à 11h30, et faisons des courses à Griesingen. Pic-nic dans l'herbe, nous repartons à 13h. Roule, roule, roule, Emma fait la sieste. Étant donné qu'elle n'est pas habituée à rester dans une remorque, elle est relativement sage. Elle essaye toutefois une ou deux fois de se détacher (elle se tortille hors de la ceinture de sécurité... et passe les mains hors de la remorque!), et il faut s'arrêter régulièrement pour la rappeler à l'ordre. Nous roulons doucement, faisons des pauses et à 16h30 nous décidons de chercher un endroit pour la nuit.
Nous venons de passer Tuttlingen et des cyclistes locaux nous indiquent une ferme pas loin. Nous trouvons une dame et sa fillette dans leur jardin, et leur demandons gentiment de planter nos tentes sur leur exploitation. Elle accepte, nous indique un coin derrière la grange et nous montre la fontaine. Elle nous invite également à utiliser les balançoires du jardin avec Emma, ça c'est super! Par contre elle ne nous autorise pas à utiliser le réchaud à gaz ailleurs que sur la table du jardin, et c'est un peu gênant de devoir cuisiner sous leur fenêtre... Mais c'est sans importance, nous sommes déjà reconnaîssantes de leur accueil! Nous mangeons (purée-haricots verts), nous lavons à l'eau fraîche à tour de rôle derrière la grange (sauf Emma qui à le droit à de l'eau chaude, privilège de bébé!) et nous couchons vers vingt heures. Nous avons dû faire une trentaine de kilomètres aujourd'hui. Bonne nuit.
Mercredi 25 Avril.
Je me réveille à 6h30 mais trop froid pour sortir du duvet. J'attends donc le réveil d'Emma à 8 heures. Malgré nos efforts tout prend du temps (déjeuner, plier, laver, ranger...) et nous ne décollons qu'à 10 heures! Nous roulons jusqu'à 11h30 et là, nous faisons une belle pause pour se restaurer.
Nous repartons à 13h30 et soudain la route devient beaucoup plus dure: il y a du dénivelé, nous devons passer dans des montagnes (bon pas hautes mais tout de même!) et ça grimpe au point où nous devons descendre de nos vélos pour les pousser à plusieurs reprises... Nous n'avançons pas du tout de cette manière et en plus nous sommes exténuées! Nous faisons encore deux petites pauses dans l'après-midi (une pour Emma
et une pour nous) et comme nous sommes dans un endroit paumé où il n'y a pas la moindre épicerie en vue, Marie va faire le plein d'eau dans un Biergarten et comme elle est très douée pour ce genre de trucs (Marie) elle nous ramène même des poivrons et des tomates cerises que la tenancière lui à offert. Bien joué! Finalement arrivées au pied d'une belle côte, nous décidons qu'elle attendra bien demain, et que c'est l'endroit idéal pour camper! Nous sommes à 20 kilomètres de Sigmaringen, il est 17 heures et s'offre à nos yeux une jolie prairie fleurie de pissenlits: la vie est belle!
Avec Marie nous nous lavons dans le Danube (glaglagla!) , mangeons notre pitance (purée-poivrons) et nous retirons dans nos tentes respectives assez tôt (19h30) car cette journée nous a scié les jambes... Malheureusement pour Marie, Emma fait un cirque d'enfer et refuse de dormir: ses cris résonnent loin dans la vallée... Nous avons dû parcourir une trentaine de kils aujourd'hui.
Jeudi 26 Avril.
Tout est trempé ce matin, normal nous avons campé à deux mètres du Danube. Nous nous levons avant 7 heures et Marie décolle à 8h30 avec Emma qui râle.
Moi je continue de ranger mes affaires et me mets en selle 1/2 heure plus tard. Il fait encore super beau aujourd'hui, pas un nuage et une petite brise rafraîchissante. Finalement je rattrape Marie et juste avant d'entrer à Sigmaringen, nous pique-niquons. Nous avons fait une vingtaine de kilomètres ce matin, pas mal!
Nous cherchons à Sigmaringen un point internet, et c'est dans un petit magasin de quelques mètres carrés tenus par des pakistanais (je crois) que nous nous arrêtons. Emma voit son Papa par la webcam et c'est la séquence émotion pour Marie. Nous avons laissé nos vélos l'un sur l'autre adossés contre un mur, sans même les attacher. Je vous jure que personne n'aurait songé à les voler tellement ils sont chargés de tout et n'importe quoi! Personne ne serait tenté!
Nous faisons des courses et roulons encore jusqu'à ce qu'Emma n'en puisse plus (Marie non plus d'ailleurs, son vélo est abominable!) mais malheureusement nous sommes dans une zone industrielle et nous ne pouvons pas nous arrêter sur le champ. Puis finalement, nous trouvons un champ un peu (pas trop trop...) abrité des regards. Comme nous sommes en zone relativement habitée et entourée de fermes, je me présente à une famille dans leur jardin et leur demande poliment s'il est possible de planter la tente dans un de leur champ mais je me fais rembarrer plus qu'abruptement alors j'emmène les filles un peu plus loin et nous nous installons dans le champ voisin derrière des taillis. Il est 17 heures lorsque nous nous arrêtons.
Nous avons dû parcourir 40 kilomètres aujourd'hui car nous ne sommes qu'à 15 kils de Riedlingen. Le paysage était très beau, surtout ce matin. Ce soir c'est coquillettes-maïs-oeufs, le tout brouillé et j'ai même réussi à trouver ça bon! Comme quoi le vélo ça creuse... Je suis contente ce soir, je ne me sens pas fatiguée et j'aurais pu rouler bien plus. Ce soir douche dans le Danube, je me suis immergée jusqu'au cou et nous avons lavé les cheveux d'Emma avec l'eau du fleuve.
Vendredi 27 Avril.
Ce matin, nous avons le soleil sur nos tentes dès son lever (vers 7h ou 7h30), car nous sommes au beau milieu d'un pré. Nous décollons vers 9 heures.
La route est plus plate qu'hier et ce matin nous faisons 25 kils d'une traite avant de nous arrêter dans un champ pour pique-niquer. Un paysan passe justement avec son tracteur pour faner notre (enfin SON) champ. Il nous sourit gentiment en voyant notre linge de bébé sécher sur l'herbe.
Le soleil cogne vraiment très fort et nous sommes contraintes de nous réfugier à l'ombre et de nous enduire de crème solaire. Cet après-midi, nous roulons encore bien, nous avons changé une recharge de gaz ce matin alors il va nous falloir trouver une recharge. Mais dans chaque magasin où nous passons, ils n'ont pas le bon modèle... c'est pourtant un standard en France. Bah, nous trouverons bien à Ulm qui est une grande ville. Enfin, vers 17 heures nous décidons de nous arrêter et le seul endroit convenable que nous trouvons est le bord d'un terrain de foot dans une petite localité...
Au moins c'est bien plat et il n'y a pas de cailloux! Mais à peine nous sommes nous assises qu'une horde de jeunes bruyants en tenue rouge débarquent sur NOTRE terrain et commencent l'entraînement! Il y aura un match ce soir: zut de zut! Je laisse Marie et Emma et pars avec ma bicyclette à la recherche d'un coin plat et à l'abri des regards. Au bout d'une demi-heure je finis par poser mon dévolu sur un petit pré en forme de triangle entre le Danube et la voie ferrée (large de 10 mètres). Il y aura des orties, des moustiques, de l'humidité et le train qui passera toutes les heures... mais c'est le mieux que l'on puisse faire ce soir. En tout nous avons roulé 50 kilomètres, c'est super et j'espère que nous pourrons continuer à ce rythme là. Nous sommes à 5 kils d'Ehingen et Emma a besoin d'une fin d'aprèm tranquille. Ce soir c'est carottes+pâtes (pour changer). Encore une douche dans les eaux du Danube, il y a même un Monsieur (qui se promenait avec sa femme sur l'autre rive) qui a réussi à reluquer Marie en plein rinçage! Hi! Hi! Emma fait la foire encore pour se coucher, pauvre Marie, elle en a par dessus la tête, mais ça ira mieux demain. On nous a dit qu'il fera encore beau dans les jours à venir: cool!
27 août 2007
Samedi 28 Avril
Je me lève tôt ce matin, et déjeune avant qu'Emma et Marie ne se réveillent. Nous partons vers 9h30, il fera encore chaud aujourd'hui. Nous étions sur une jolie petite route bordée de champs de pissenlits quand soudain, j'entends un grand PSSSSSHHHHHTTTT venant de mon pneu avant! WOW! Ma première crevaison, super! Je ne me foule pas et change carrément ma chambre à air. Je collerai les rustines ce soir...
Nous roulons très peu ce matin, car arrivés à Ehingen, il y a un marché, alors nous nous laissons tenter à y flâner un peu. Nous cherchons partout une recharge de gaz mais impossible à trouver, en plus les magasins ferment à midi. Zut de zut! Ça commence à être chaud question gaz! Cet après-midi, nous roulons sur une dizaine de kilomètres quand Marie demande à ce que nous fassions une demi-journée tranquille pour Emma, et en profiter pour faire une bonne lessive. Évidemment, je ne m'y oppose pas, bien que j'aurais souhaité continuer. Je sais qu'elles en ont besoin.
Donc, à 14h30 nous nous posons dans l'endroit le plus improbable:sous un pont, entre la route, la voie ferrée, le Danube et une entreprise de bâtiment... Nous sommes juste à la sortie de la ville, et à la vue de tous! Ce n'est plus du camping sauvage que nous faisons, mais du camping urbain. C'est un peu dur d'être discrète lors de notre toilette dans le Danube (se cacher dans les buissons en tenue d'Eve au moindre bruit!) mais nous nous en sortons finalement. Nous passons l'aprèm tranquille au bord de l'eau, nous mettons le linge à sécher sur le grillage de l'entreprise, c'est très comique. Heureusement, c'est samedi et elle est fermée.
Nous avons une sérieuse discussion avec Marie ce soir, nos avis divergent sur la façon de faire ce voyage... Nous avons toutes les deux le coeur lourd en nous couchant ce soir. Nous avons fait 20 km aujourd'hui...
Dimanche 29 Avril
Réveil à 7 heures, départ à 9 heures. C'est le temps habituel dont nous avons besoin le matin. Aujourd'hui le moral est bon, et nous oublions notre conversation de la veille. Après 15 kils nous arrivons à Ulm, que nous traversons sans nous arrêter. Nous roulons bien ce matin, nous avons déjà dû faire 30 kils lorsque nous nous arrêtons pour le pic-nic. Une dame nous dis que nous sommes à 20 kilomètres après Ulm! Nous mangeons dans un sous-bois au milieu d'un parterre d'ail des ourses (plutôt parfumé comme endroit!), dans la salade de tomates :miam!
Nous enfourchons nos bolides croulant sous nos divers bagages à 13h30, et pédalons jusqu'à Gunzburg ("grosse burne" lit Marie... oulaaaa, y'a de la fatigue dans l'air!). C'est une jolie petite ville et nous décidons, comme c'est dimanche, de s'acheter des glaces.
Emma fait du dada sur ces petits chevaux à ressort pour enfants. Mais le problème, c'est qu'à un moment donné, il faut bien partir: on ne va pas planter la tente sur la place du village... Emma refuse de descendre et hurle dans tout le quartier. Elle vocifère dans sa remorque pendant un bon moment encore, nous décidons donc de nous arrêter tôt (16 heures) dans un petit champ en lisière de foret.
Nous nous lavons au gant ce soir car nous avons mis des pastilles assainissantes dans notre seau blanc, et nous devons partager l'eau entre nous deux. Oui, l'eau du Danube commence à ne plus être appétissante... beurk! Nous dînons: purée-haricots verts, et nous commençons à économiser le gaz. Marie téléphone à Camille ce soir, et je sens que c'est un peu dur pour elle. Le moral n'est pas au rendez vous dans sa tente. Je crois que nous sommes à 15 km de Dillingen. Nous avons atteins notre record aujourd'hui: 60 kilomètres! Champagne!!!
Lundi 30 Avril
Nous nous levons tard (7h30) car il fait plutôt froid ce matin. Le vent s'est levé. Nous arrivons tout de même à partir à 9 heures. Mais avec le vent de face nous n'avançons pas beaucoup. Il nous faut absolument faire les courses aujourd'hui (gaz, couches) alors nous nous arrêtons à Lauingen. Ensuite nous faisons la pause de midi avec nos provisions fraîches. Il fait froid à cause du vent, et même si le soleil brille, nous gardons nos polaires sur le dos la plupart du temps (même en pédalant!). Nous ne roulons pas beaucoup cet après-midi (peut être 15 kils après Dillingen??) et nous nous arrêtons à 16h30 pour la nuit. Nous nous trouvons entre le Danube (qui est devenu un grand fleuve) et la forêt.
D'ailleurs, il y a un étrange phénomène qui se produit dans la forêt:malgré le beau temps dont nous avons bénéficié depuis le début de notre voyage, il pleut dans la foret! Sur le Danube pas une goutte de pluie, et sous les bois des milliers de gouttes qui nous tombent dessus! Plic... Plic... Plic... C'est incroyable! Nous ne reconnaissons pas ces arbres mais ils sont très hauts. Maintenant que le fleuve a grossit, nous le trouvons trop sale pour nous y laver, mais heureusement nous trouvons un beau ruisseau limpide (et glacial!) dans les bois.
Nous faisons alors la lessive et nous lavons à grande eau (agla! agla!) dans le ruisseau, même les cheveux! J'ai cru que mon crâne allait exploser... de froid! En tout cas, ça revigore! Emma, quant à elle, a le droit à sa traditionnelle douche tiède dans son petit seau blanc (pistonnée!).
Pour le dîner, nous préparons des pâtes et une soupe aux orties. Emma chipote dans son bol, et Marie s'en inquiète un peu. Comme nous avons acheté des cartes postales aujourd'hui, je vais sur les rives du Danube et prends la plume. Plus tard dans la soirée, je reçois un sms de Staszka qui doit partir travailler dans une semaine, et me demande de venir garder Karol pendant son absence. Que puis-je faire d'autre que d'accepter? Alors je la rassure et lui promet d'être là à temps. Notre voyage sera écourté, et je ne trouve plus le sommeil ce soir... Aujourd'hui nous avons dû parcourir une trentaine de kilomètres.
Mardi 1er Mai
Réveil froid, la routine quoi, glaglagla... Dur de sortir du duvet ce matin. En plus il y a encore du vent. Nous partons tard, vers 9h30 et roulons un peu jusqu'à un peu avant Donauworth. Pic-nic vers 11 heures, puis nous reprenons la route à 12h30. De toutes façon nous n'avançons pas à cause du vent de face. Nous croisons une procession de tracteurs, Emma est ravie.
Enfin, nous arrivons à Donauworth, là : pause dans un café Italien pour déguster une merveilleuse glace avec des gros morceaux de fraises (miam!) et une bonne WeizenBier (leicht bien entendu). Nous restons longuement à la terrasse et c'est Marie qui régale (merci!).
Puis nous allons à l'office du tourisme et Marie achète la carte du "Donau Radweg" (pistes cyclables du Danube) et nous postons nos cartes postales. Aujourd'hui c'est le 1er Mai, et tout est fermé. Par contre sur la place de la ville, il y a une fête, alors nous nous approchons pour voir de quoi il retourne. Il y a de la musique folklorique et des danseurs en costume traditionnels bavarois qui font des petits shows. Pour le plus grand bonheur d'Emma nous restons encore bien une heure ou deux à se divertir et nous en profitons pour passer deux trois coups de fils (oui, oui, nous sommes bien vivantes!). Enfin, vers 16h30 nous quittons la ville, mais nous partons dans le mauvais sens, et nous ne nous en rendons compte qu'après quelques kilomètres (et croyez moi, chaque kilomètre compte!). Nous faisons donc demi tour, et comme il commence à se faire tard pour Emma, nous trouvons un coin pour dormir près d'un petit lac artificiel très joli (camping sauvage interdit... mais bon).
En tout nous n'avons pas dû faire plus de 2 kilomètres aujourd'hui, mais tant pis, en plus avec le vent qu'on s'est coltiné! C'est décidé, vu le vent ce soir, nous prendrons le train demain en direction de Regensburg. Les vacances à bicyclette sont terminées... Nous aurons parcouru en 9 jours environ 300 km, soit une moyenne de 33 km par jour... heu on est loin du compte là non?






























